Lorsqu'un filet est proposé en complément d'un lifting mammaire, la question essentielle porte sur ce qu'il apporte dans la durée. Une technique peut être réalisable sans démontrer que le matériau ajouté prévient un nouvel affaissement. Une étude publiée le 20 octobre 2026 dans PRS Global Open illustre précisément cette distinction : elle décrit une méthode, sans mesurer l'avantage durable que les patientes pourraient en attendre.

Une fonction de soutien, un bénéfice à démontrer

L'équipe a associé un remodelage sur pédicule central, conservant la vascularisation d'une partie du tissu mammaire, à un renfort résorbable en poly-4-hydroxybutyrate, ou P4HB. L'objectif est de soutenir temporairement les tissus pendant la cicatrisation. Cette logique ne constitue pas, à elle seule, la preuve d'une meilleure tenue qu'avec la même opération sans filet.

Les chercheurs brésiliens ont examiné rétrospectivement les dossiers de 30 patientes consécutives opérées par un seul chirurgien entre juin 2025 et avril 2026. Dix-huit avaient perdu beaucoup de poids après une chirurgie bariatrique. Sept ont bénéficié d'un lifting ou d'une réduction à visée esthétique ; les cinq autres relevaient d'une révision, d'un retrait d'implants ou d'une reconstruction. Aucune ne portait d'implant mammaire au moment de l'intervention. Il s'agit donc de situations différentes, et non d'un groupe homogène de liftings esthétiques simples.

Ce que le suivi ne mesure pas

Les dossiers ne rapportaient ni complication majeure ni réintervention. Une patiente a temporairement senti le filet au toucher, phénomène disparu en quatre semaines. Le suivi moyen était de six mois, avec des durées allant de trois à douze mois. Seules huit patientes ont atteint douze mois. Ces observations décrivent les suites précoces consignées ; elles n'excluent ni un problème rare ni un événement plus tardif.

Surtout, les auteurs n'ont pas mesuré objectivement la récidive de la ptose, la projection du sein ou l'allongement du pôle inférieur. Ils ne disposaient pas non plus de résultats rapportés par les patientes à l'aide d'un outil tel que BREAST-Q, ni d'un groupe opéré sans P4HB. Des photographies et une cicatrisation initialement simple ne peuvent remplacer ces comparaisons. Elles n'isolent pas l'effet propre du renfort.

Une question encore ouverte en consultation

Cette petite série permet de parler de faisabilité. Elle ne démontre ni la nécessité du filet, ni une satisfaction accrue, ni un résultat qui durerait davantage. À l'inverse, l'absence de mesure ne prouve pas un échec de la méthode : la comparaison décisive n'a pas été réalisée.

La discussion préopératoire doit donc distinguer la fonction recherchée d'un matériau supplémentaire des résultats démontrés chez des patientes comparables. Pour étayer une meilleure durabilité, il faut mesurer cette durabilité dans le temps et disposer d'un comparateur adapté. Cette étude n'apporte pas ces éléments.

Becton, Dickinson and Company a pris en charge les frais de publication. Selon la déclaration des auteurs, l'entreprise n'a financé ni la conduite de l'étude ni participé à son analyse ou à la rédaction du manuscrit. Cette analyse repose sur le texte intégral accessible, sans prétendre documenter une tendance lifestyle actuelle.

Sources & crédits

  1. Plastic and Reconstructive Surgery – Global Open · PubMed PMID 42903425
  2. DOI · Central Pedicle Breast Reshaping Combined With Poly-4-hydroxybutyrate Scaffold Reinforcement: A Technical Description and Preliminary Single-surgeon Experience.

Photo symbolique générée par IA : des mains plient un vêtement à côté d’un soutien-gorge. Aucune patiente de l’étude, aucun résultat et aucun conseil de vêtement postopératoire.